Prévarication, huile sur toile, 150 x 150 cm, 2014
Prévarication, huile sur toile, 150 x 150 cm, 2014

Il y a dans la figuration actuelle une frilosité qui souvent m’exaspère. Trop de peintres déclinent à l’envi un même visage, un même paysage, sans jamais oser en sortir, sans jamais imaginer une autre voie, de peur peut-être d’y perdre leur latin de cuisine, de se trouver face à de nouvelles impasses. Julien Spianti, comme quelques autres, échappe fort heureusement à cette uniformité contemporaine, ne cessant de renouveler sa figuration, en un mot, de prendre des risques. Et le jeune artiste ayant du talent, le résultat est toujours à la hauteur de mes attentes. Sans doute, d’ailleurs, n’a-ton pas encore pris la mesure des qualités de ce peintre atypique, découvert voici quelques années par Marie Vitoux. Je le considère personnellement comme l’un des dix grands espoirs de sa génération.

Sa figuration se caractérise d’abord par l’apposition de plusieurs scènes qui se chevauchent et s’imbriquent. L’humain en est le principal pôle d’attraction. Sur la toile s’agence une structure mentale complexe visant à « cerner » un sujet. Ainsi, dans sa toute nouvelle série, le peintre nous projette au cœur de musées dont les visiteurs semblent vivre, dans un même temps, deux présents différents. Sous les tableaux de maîtres, une autre scène s’insère dans la composition, comme issue de l’imaginaire exacerbé des visiteurs. Une peinture qui, dès lors, ouvre maintes perspectives et plusieurs grilles de lecture possibles.

Galerie Fred Lanzenberg

Bruxelles (Belgique)

Exposition jusqu’au 25 octobre 2014

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