Attitudes contemporaines

 

 

Il n’est pas nécessaire de peindre des thèmes intemporels pour servir la grande peinture. Certains artistes l’oublient parfois qui s’enferment dans un processus de création qui n’offre plus aucune place au présent, au temps qui est le leur. D’autres au contraire s’appuient sur ce que leur temps a de significatif pour développer une œuvre qui puisse témoigner, et ce faisant parviennent à renouveler notre vision de l’Art. La peinture a plus de ressources que l’on ne le croit ordinairement et la preuve en est fournie avec le récent travail de Patrick Pietropoli, travail axé sur les foules de visiteurs qui se pressent dans les musées. Ecartant l’anecdote, privilégiant la tension d’un instant suspendu, l’artiste dévoile un univers changeant et bigarré, un monde foisonnant, reflet de notre société contemporaine.

De la même façon que les peintres des siècles précédents ont pu s’inspirer de scènes bibliques (La fameuse Cène) pour affirmer au grand jour leur propre écriture, le peintre s’appuie, dans cette série de tableaux, sur des scènes d’aujourd’hui, scènes en apparence banales mais qui pourtant témoignent mieux que bien des discours de notre condition d’hommes et de femmes modernes.

Dans la foule de curieux se pressent côte à côte, et jusqu’à se toucher, des êtres au regard happé par des œuvres qui nous sont invisibles, et leurs corps revêtus des oripeaux des années que nous traversons, semblent s’abandonner un instant, s’offrir sans masque au regard d’autres curieux que nous sommes. L’artiste, tel un anthropologue scrupuleux, décrit par la grâce d’une peinture à l’huile maîtrisée et inventive, une société avide de voir, d’absorber, d’engloutir, une société de consommation aux prises avec les chefs d’œuvre des musées.

Les uns et les autres s’agglutinent, se séparent, s’isolent, s’apostrophent, se recueillent, écoutent, s’extasient, se blottissent derrière l’appareil photo. Le regard de l’artiste n’est pas critique, mais attentif à mettre en exergue la diversité des attitudes contemporaines, et dans le même temps le même élan des esprits. Chacun a sa façon de se tenir, de se mouvoir, de se confronter à ce que les artistes ont imaginé. Magie de ces moments publics et intimes à la fois, que le silence vient souligner, sorte de communion de tout un peuple avec les créations des grands anciens. Avec cette série, Patrick Pietropoli semble ainsi nous suggérer que notre société aurait tout à gagner à se rassembler autour de l’Art et des artistes...

 

Patrick Pietropoli est né le 31 janvier 1953 à Paris.

Il vit et travaille à New-York.

 

Galeries partenaires

Galerie Claudine Legrand, Paris 6e.

Galerie Felli, Paris 4e.

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