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Le blog de Miroir de l'Art

Le blog de Miroir de l'Art

Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


André-Pierre ARNAL

Publié par Miroir de l'Art sur 29 Juin 2011, 09:46am

 

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Quoiqu’en dise et quoiqu’ en pense une certaine intelligentsia parisienne, la peinture n’est pas morte (et nous le prouvons à chaque numéro) à l’avènement de la photographie. Elle n’est pas moribonde non plus. Le génie des artistes a permis depuis un peu plus d’un siècle qu’elle explore de nouvelles contrées, réservées à elle seule ; ai-je besoin, vraiment, de développer ou faut-il que je vous cite, pour la France, les noms de Velickovic, Pignon-Ernest ou Garel ? Pour l’étranger, les noms de Balthus, Bacon ou Music ? La peinture a emprunté mille chemins différents, ce qui offre aujourd’hui à qui sait voir l’un des moments artistiques les plus riches de l’histoire de l’humanité. Certains ont suivi la voie de la figuration, d’autres celle de l’abstraction. Ainsi André-Pierre Arnal. A l’image de ses grands devanciers de l’abstraction, il a bâti une œuvre sans référence directe au réel, une œuvre d’imagination pure, à base de collages et de décollages notamment, « d’arrachages » qui donne du monde une vision colorée et sublimée. Sur une matrice plastique, explique Fabienne Brugère (in A-P Arnal, Lodève, Visions obliques), le peintre verse des couleurs acryliques. Il place ensuite, sur cette matrice, une toile qui, peinte à l’envers, permet le passage d’une peinture liquide à même de s’intégrer dans la pellicule de la matrice. La matrice de peinture et la toile sèchent l’une sur l’autre. Puis, l’artiste tire, extrait, sépare les deux surfaces, arrachant les lambeaux de la matrice qui vont constituer, avec les couleurs qui auront traversé la toile, le résultat. La peinture ressemble alors à un amoncellement de peaux fines, de pellicules dans lequel la couleur est souveraine, à la fois vulnérable, intense et cristalline. Les arrachements ne sont jamais les mêmes alors que la méthode et le geste du peintre se répètent, avec des petites différences, comme une musique de Philip Glass.

L’écriture, les livres, sont parallèlement déterminants dans l’œuvre d’André-Pierre Arnal, lui qui n'a cessé de rebondir, explorant une infinie variété de supports (de la toile de coton à l’ardoise d'écolier) et de techniques (monotypes, empreintes, fripages, froissages, pliages, teintures sur réserve, ficelages, frottages, pochoirs, arrachements, collages, déchirures obliques). Un artiste appartenant déjà à l’Histoire de l’Art, dont il convient de suivre les nouveaux travaux.

 

Exposition visible à la galerie Sens Intérieur (Port-Cogolin)

jusqu'au 7 juillet 2011

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