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Une chose est de parler haut, de crier fort, de scander des mots à la face du monde. Une autre est de se faire entendre. Une chose est de peindre en accumulant les couleurs, en forçant le trait des personnages, en brandissant les tons purs comme on brandit le poing. Une autre est de se faire entendre, de dominer suffisamment la matière, les pigments, la toile, pour donner voix à un univers qui s’exprime sans affectation, naturellement, de façon éloquente. Andrzej Pistun connait les secrets de ces tableaux dont il n’est nul besoin de vanter les qualités, d’arguer de ce qu’ils appartiennent à tel ou tel mouvement historique, pour qu’ils murmurent à l’oreille de ceux qui sont sensibles à la poésie, à la richesse chromatique de la nature, aux variations de lumière de ce qui nous entoure. Peut-être cela vient-il du fait qu’il a souvent œuvré comme peintre des rues, donnant par de grandes fresques des couleurs à la ville et permettant ainsi à des images joyeuses de s’insérer dans le capharnaüm publicitaire. Mais, plus sûrement, cet art dont voici dans ces pages quelques exemples, résulte d’une main attentive et d’un œil exercé.

La peinture de Pistun s’attache aux personnages comme aux objets. Avec un sens inné de la composition, l’artiste crée un univers personnel tout à la fois complexe et coloré. De la figuration, certes. Mais les glacis et transparences lui donnent une résonnance particulière. Ses tableaux sont identifiables au premier coup d’œil. Il en émane une indéfinissable mélancolie. Mélancolie slave peut-être, puisque Andrzej Pistun est d’origine polonaise. Demeure quoiqu’il en soit au creux de la rétine les reflets d’une peinture intemporelle, digne d’attention.

 

A voir à la galerie Art Montparnasse jusqu'au 22 octobre 2011

www.artmontparnasse.com

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