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Le blog de Miroir de l'Art

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Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


Attention talent : Georgios Rorris

Publié par Miroir de l'Art sur 25 Juillet 2013, 14:11pm

Catégories : #Mes coups de coeur

 

 

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La peinture, la vraie. Celle que l’on aime. Celle qui ne s’embarrasse ni des modes ni du qu’en dira-t-on. Celle qui s’autorise toutes les audaces, qui est libre en somme.

La peinture, la vraie. Tentative obstinée chez Georges Rorris de fixer quelques fragments de vie, de graver dans le marbre du temps les visions du subconscient, mélanges de fantasmes et de souvenirs, images dont on ignore la part de vérité, la part de fantaisie...

Voici des lieux vides, sans meubles, ni tables ni chaises, ni aucun de ces attributs classiques qui permettent de jauger au premier coup d’œil chez qui l’on met les pieds. Des lieux déserts, impersonnels, hantés par de jeunes femmes solitaires. Intérieurs sobres qui ne se distinguent d’aucuns autres, décors nus et sans aspérités, à peine quelques photographies indistinctes ici ou là.

 

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Voici l’antichambre de notre conscience, suggère le peintre, le lieu où surgissent sans crier gare les fantômes du passé. Univers glacial par les pigments inventé, lieu de convergence de nos secrètes pulsions. Viennent s’y promener les reflets de nos vies passées, les êtres que l’on a connus, désirés, aimés. Eternelles images mentales auxquelles on a fini par s’habituer, qui apparaissent au détour d’un rêve, derrière un mot perdu dans une conversation, au cœur du fracas des rails, à l’arrivée en gare. Déambulent ainsi sous nos yeux des êtres figés dans l’apparence qui était la leur au temps où on les côtoyait, et qui vivent en nous, pour toujours, dans des lieux désertés par la mémoire.

Georges Rorris peint l’étrange cheminement de la pensée, et se dégage de sa peinture une absolue mélancolie, comme si, derrière ces images héritées d’antérieures existences, il y avait le regret de ne pouvoir vivre encore et encore les instants à jamais évanouis, de ne plus rencontrer les êtres du passé que de façon virtuelle. Une façon de lutter contre l’oubli tout en assouvissant ses désirs les plus intimes ; vivre, de nouveau, les passions d’antan.

 

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Georgios Rorris est représenté par la Medusa Gallery à Athènes (Grèce).

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