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Le blog de Miroir de l'Art

Le blog de Miroir de l'Art

Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


Clark et Pougnaud

Publié par Miroir de l'Art sur 9 Novembre 2012, 11:11am

 

Bella-B.jpg

 

Le temps se fige. Nous voici plongés dans un entre-deux silencieux, un espace immuable au cœur duquel un personnage s’absorbe dans des pensées auxquelles nous n’avons pas accès. Contemplation d’un décor extérieur que nous ne voyons pas, ou repli sur soi dans une méditation intime, une jeune femme, parfois une fillette, photographiée dans une attitude immobile, s’octroie quelques minutes de solitude. Cette photographie comme un havre de paix, un endroit où le monde alentour ne peut s’immiscer, si ce n’est par une lumière oblique qui vient iriser la surface de l’image, comme pour mieux souligner l’exil intérieur au cœur duquel s’est réfugié le sujet. Cette photographie comme un petit instant suspendu, au cœur d’un décor épuré à l’extrême, une oasis comme un mirage, un rêve, presque un fantasme.

Les photographies de Clark et Pougnaud détonnent dans l’univers de la photographie. Loin du réalisme à la mode, elles décrivent un univers immédiatement identifiable, où l’imagination vagabonde à sa guise. Que cela soit dans les séries « Hommage à Edward Hopper », « La Balade de Dorothy », « Les bourgeoises d’Angoulême », « Contes de fées », « Les demoiselles », l’image, élaborée avec soin (les deux photographes ne produisent qu’une dizaine d’images par an), dans un décor fabriqué sur mesure pour le modèle, est une porte ouverte sur une existence en suspens. Que se passe-t-il après, que s’st-il, passé avant, les artistes ne donnent pas de réponse, suggèrent quelques pistes, invitent le spectateur à investir un monde qui leur est étranger, non pas comme le ferait un voyeur, mais comme un archéologue de l’intime, quelqu’un qui cherche à saisir le sens d’un regard, la raison d’une attitude. C’est un théâtre muet duquel nous parviennent les échos assourdis d’une vie dont le cours se trouve momentanément interrompu. Une photographie aux tons étranges qui s’inspire notamment des peintres Edward Hopper et Vilhelm Hammershoi. Une photographie qui épouse les contours de la vie mais dont se perçoit en filigrane un autre monde, celui des songes et des contes.

 

A voir jusqu'au 1er décembre à la galerie Photo 12, Paris 4e.

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