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Pour moi, c’est une évidence, Alechinsky rime avec poésie.

Mais pas n’importe quelle poésie. La poésie des vers libres, de la musicalité joyeuse, de l’enchantement. La poésie de tous les possibles, des grands espaces, de la couleur dans toute sa subtilité, du rêve. La poésie du geste.

Ses dessins en sont l’éclatante illustration. Emaillés de motifs, d’éléments disparates, légers comme des bulles de savon, ils tracent des chemins improbables vers des contrées où bien peu d’artistes contemporains sont capables de nous emmener. Là où tout est luxe, calme et volupté, peut-être. Là où l’art atteint sa plénitude.

Alechinsky rime aussi avec fantaisie. Une fantaisie qui jaillit du dessin comme une source chaude, spontanée, conséquence d’une maîtrise parfaite de l’acte de peindre, glanée à n’en pas douter lors de ses années d’apprentissage aux côtés du peintre chinois Walasse Ting.

Mais Alechinsky c’est également une philosophie, parfaitement résumée dans cette petite phrase qui doit parler à tous les artistes : "La peinture c'est pendant, je suis incapable de penser le tableau avant". Et à laquelle on peut également ajouter celle-ci : "Dans l'art contemporain j'ai espoir que l'on abandonne une confiance aveugle en une technologie désespérée, j'ai l'espoir que l'on retrouve la main".

Alechinsky c’est en outre un certain sens du rythme, une inimitable touche, vive et alerte. Son œuvre ne se nourrit pas d’intellectualisme mais respire les effluves d’un monde fabuleux, presque créé de toutes pièces, à l’immense pouvoir d’évocation. Se plonger dans l’art de ce poète c’est abandonner les repères conventionnels pour accéder à une dimension plus universelle, celle où l’on retrouve son regard d’enfant, ses réflexes de candide.

 

Deux expos lui sont consacrées ce mois-ci :

Galerie Chantal Mélanson, Annecy (74)

Galerie Duchoze, Rouen (76)

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