Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog de Miroir de l'Art

Le blog de Miroir de l'Art

Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


Gérard Cambon

Publié par Miroir de l'Art sur 19 Juillet 2011, 14:46pm

 

bombinettes-bis-2-copie-1.jpg

 

Mais oui, d’autres mondes existent et de plus en plus de preuves irréfutables de leur réalité s’imposent à nous… La moue dubitative qui point sur votre visage n’y change rien, les artistes, avant les scientifiques et autres aventuriers, ont découvert des univers parallèles, aux frontières du rêve. Après Vincent Bousserez (cf.Miroir 23) et ses clichés surprenants de petits êtres hantant notre quotidien, voici l’univers de Gérard Cambon – un monde entre fantaisie et gaudriole, nimbé d’humour, un pays pour lequel il n’existe qu’un seul itinéraire : celui de l’ouverture d’esprit et de la curiosité (pour info, il ne se trouve pas sur la mappemonde).

La poésie y tient lieu d’oxygène, on y respire une ambiance insolite, légère et grave à la fois. Là, dans cette humanité peuplée de petits êtres monochromes, tous les possibles se rencontrent. Nous sommes à la confluence de plusieurs mondes, une sorte de bric-à-brac imaginé par un Dieu forgeron, une espèce de sculpteur déjanté qui ferait feu de toute boîte, qui mélangerait les genres, son plaisir pour seul guide. Bienvenue dans un monde parallèle comme il existe peut-être tant et tant, et comme seuls les artistes peuvent en inventer. Bienvenue dans un monde de « locomobiles », de cités faites de bric et de broc au cœur desquelles une foule d’êtres lilliputiens observent un ailleurs qu’ils ne connaîtront peut-être jamais. Parmi les morceaux de ferraille, les boîtes de Banania, les gravats, les bouts de bois, chacun s’attache à vivre aussi vaillamment que possible, cherche à vaincre le temps, invente son destin. Comme l’écrit Itzhak Goldberg, ces petites figurines forment des grappes qui se penchent en avant et observent avec beaucoup d’attention un spectacle qu’on ne connaîtra jamais et qu’on ne peut deviner… Bref, nous voici au cœur d’un songe créé par un artiste génial qui nous procure ainsi, selon ses propres termes, des « rêves pour plus tard. N’ajoute-t-il pas : Rêver, c’est créer des images. Ce n’est pas refuser en bloc le monde dans lequel nous vivons – il faut bien faire avec – c’est plutôt, par petites touches, esquisser les contours d’une humanité… Bien sûr, ici, ce n’est pas un monde parfait : les engins sont obsolètes, les façades crasseuses, les hommes s’engueulent ou se défient mais ça sent la débrouille, l’échange, le créatif.

Ces petits êtres ont en tout état de cause des réactions, des attitudes semblables à celles des humains qui peuplent le monde réel. A bien y regarder cependant, on s’aperçoit qu’il existe entre eux un puissant mimétisme, un lien qui n’est pas sans rappeler ces bancs de sardines ou ces volées de passereaux qui se meuvent comme un seul être. Un lien invisible les unit, quelque chose d’indéfectible qui tranche peut-être avec l’individualisme et l’égoïsme tellement en vogue dans notre société contemporaine.

 

En permanence à la galerie Béatrice Soulié (paris 6e) et à la galerie Richard Nicolet (84)

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents