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Le blog de Miroir de l'Art

Le blog de Miroir de l'Art

Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


Isabelle Vialle

Publié par Miroir de l'Art sur 16 Mars 2011, 15:43pm

 

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« Isabelle Vialle est de la famille des acharnés, celle des grands veilleurs de chair. Il y eut naguère Zoran Music, Paul Rebeyrolle, et Stani Nitkowski, Il y a aujourd’hui Lydie Arickx, Olivier de Sagazan, Fabien Claude, Gérard Alary ou Jean Kiras » écrit Christian Noorbergen, et l’on pourrait ajouter quelques noms à cette liste regroupant en vérité celles et ceux qui travaillent sur ce qu’il est convenu d’appeler la défiguration, une forme de l’expressionnisme, mouvement qui révèle ces derniers temps de bien belles oeuvres.

Cette peinture plonge au cœur de la chair en d’étourdissantes volutes d’ombres et de clartés desquelles émergent des corps, des mains, des crânes. On ne sort pas indemne de la confrontation, l’œuvre ne joue pas à représenter je ne sais quels névroses, quels tourments, quels délires, l’œuvre frémit d’une vie qui vous glace en même temps qu’elle vous happe.

Au cœur de celle-ci évoluent des êtres indistincts dont on perçoit peu de choses, des formes irréelles à l’apparence désolée, aux contours estompés. Certains verront dans ces personnages aux mains crochus des êtres qui seraient au paroxysme du désespoir, quelque chose qui rappellerait au fond le fameux Ugolin et ses enfants, de Rodin (ou celui de Carpeaux). Mais il serait hasardeux de s’en tenir à une telle interprétation, de ne voir dans ces peintures que la manifestation d’une tragédie immanente et implacable. La peinture d’Isabelle Vialle montre sans retenue la vie, et non la mort. De la vie elle met en avant l’infinie fragilité. Ses personnages sont comme des funambules se balançant au-dessus du vide. La traversée est périlleuse. Il est difficile de garder son sang-froid, de grader visage impassible face à l’adversité. L’artiste prend acte de ces moments de faiblesse, mais, en représentant ses personnages en couple ou en groupe, insiste parallèlement sur la solidarité des corps et des attitudes. C’est un regard compassionnel avant tout.

 

Exposition à voir à la galerie Alain Rouzé à Nantes.

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