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Le blog de Miroir de l'Art

Le blog de Miroir de l'Art

Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


Louis GAGEZ

Publié par Miroir de l'Art sur 20 Juin 2011, 14:34pm

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D’abord, il y a la matière. De la peinture en larges couches au cœur de laquelle le rêve prend forme, mine de rien, sans avoir l’air d’y toucher. Sans doute, dans le secret de l’atelier de Louis Gagez, distingue-t-on déjà les prémices de l’œuvre à vernir. Mais rien n’est encore joué, rien ne s’impose. Puis l’artiste ponce, gratte, laisse couler la peinture, provoque des plissements, des reliefs, comme le ferait sur la terre quelque gigantesque mouvement de terrain. Alors, peu à peu, apparait la poésie, des formes évocatrices, des tessons de paysage, de brèves échappées de lumière. Là se joue l’avenir du tableau, dans cette genèse colorée, encore indistincte, brumeuse peut-être. « J’aime traiter la matière avec gourmandise, son contact, son odeur, sa lenteur d’exécution, qui laisse au regard le temps d’envisager le reste. » écrit Louis Gagez, qui par un cheminement paisible parvient au moment ultime où le tableau se révèle, où il ne faut plus rien toucher, où le paysage emporte le regard vers des ciels profonds, au cœur duquel le bleu se démultiplie, chante et se désenchante, résonne comme l’écho sonore de quelque chose qui nous dépasse.

Loin de la vaine animation du monde, ainsi qu’il aime à le répéter, Louis Gagez crée les substances d’un rêve éveillé, où la beauté n’est pas un vain mot. Ses ciels, ses paysages, ses lignes d’horizon épurées, illuminent son œuvre et nous font basculer dans d’intemporelles visions. Ainsi que le note Joseph Assouline : « Des strates superposées, grattées, poncées forment in fine un épiderme à la surface du support. Une peau qui témoigne dans toutes ses transparences, sillons, anfractuosités, de l’épaisseur de temps vécu de la peinture advenue au statut d’être respirant : le paysage vit ». Car en effet, la spécificité première de l’œuvre du jeune peintre abbevillois est de rendre le paysage frémissant de vie, à fleur de toile animé de soubresauts intérieurs, comme parcouru par quelque source souterraine dont nous n’aurons jamais le secret.

La maîtrise technique de ce travail aux confions de l’abstraction et de la figuration lui confère une volupté rare, quelque chose de l’ordre de la jubilation. Observer l’un de ces tableaux, c’est accepter quelques instants de se laisser porter par un vent léger, loin des turpitudes de nos vies terre à terre, c’est donner sa chance à la poésie, c’est prendre du silence la meilleure part, celle qui bruit d’émerveillement.

 

Exposition visible à la galerie Duchoze, Rouen (76)

jusqu'au 10 septembre 2011

www.duchoze.com

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