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Le blog de Miroir de l'Art

Le blog de Miroir de l'Art

Les coups de cœur, les coups de gueule, les belles rencontres de Ludovic Duhamel, Rédacteur en Chef du magazine papier Miroir de l'Art.


Marion TIVITAL à la galerie FERT

Publié par Miroir de l'Art sur 11 Mai 2011, 10:00am

la-stationbis.jpg

 

 

« Le paysage industriel n’est pas réductible aux apparences. Par mon affection paysagère, j’aimerais soulever le voile de la fausse monotonie de ces paysages banals et ancrés dans notre quotidien. »

 

On mesure l’évolution d’un peintre à sa capacité à se confronter à de nouveaux thèmes sans y perdre son âme. Or il existe encore trop d’artistes qui déclinent une recette, sous la pression de leur galeriste (parfois), par incapacité à se renouveler (souvent), et ne parviennent jamais à sortir d’un système, et se copient, se recopient, se plagient, jusqu’à galvauder au fil des ans leur œuvre. Ce n’est pas le cas de Marion Tivital qui suit son bonhomme de chemin, aux abords des friches industrielles ou agricoles, donnant chaque fois une vision renouvelée de ce qu’elle perçoit. Cette jeune artiste a eu les honneurs de la Une de notre numéro 16 et réussit donc là où tant d’autres échouent : aborder d’autres thèmes tout en conservant une identité immédiatement perceptible.

Mêlant à la justesse de sa composition une poésie tout en retenue, elle dévoile une peinture attentive aux évolutions de nos paysages hors des villes. Ainsi cette station service, dont on ne sait s’il faut la considérer comme le vestige d’une époque révolue (ici pas de logo d’un trust pétrolier actuel, pas de panneau incitant à se servir seul, ce qui est au passage, on le sait, un progrès considérable, quand il fut un temps où vous discutiez avec le pompiste qui se faisait un plaisir de servir son client), vestige solitaire et anachronique, ou comme une bizarrerie du monde, plantée là comme un drapeau blanc au milieu d’une bataille, dont on ne sait si elle résistera longtemps à l’adversité, au temps et aux modes qui font et défont toute chose, même celles dont on pensait qu’elles seraient en quelque sorte immuables. Marion Tivital ne porte ni jugement ni anathème. Elle observe, prend des notes. Les friches industrielles – les usines notamment – peuplaient ses horizons monochromes, aujourd’hui, elles s’attardent sur des visions plus banales encore, mais terriblement évocateurs de cette vie loin des villes. Pour un peu je ferais le parallèle avec les récentes photographies de Ryamond Depardon. Ou avec ces « balles d’ensilage » les photographies de Bernard Langenstein. La même volonté plastique de saisir une certaine esthétique du paysage tout en soulignant ce qui le sous-tend.


Exposition visible du 13 mai au 31 juillet 2011 à la galerie FERT - Yvoire (74)

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